Les Canards de Paris : une sortie scolaire qui fait splash

Une sortie scolaire à Paris, c’est souvent un musée, un pique-nique dans le sac et un(e) enseignant(e) qui compte ses élèves toutes les trois minutes.

Avec Les Canards de Paris, l’expérience prend une autre tournure : un bus amphibie, des monuments, des éclats de rire, des anecdotes… et ce fameux moment où le bus plonge dans la Seine.

Pour en parler, nous avons interrogé Marie, enseignante dans une école du 20e arrondissement de Paris. Cela fait trois ans qu’elle embarque ses classes à bord. Et si elle revient, ce n’est pas seulement pour le côté “waouh” de la sortie : c’est parce que les élèves retrouvent, grandeur nature, tout ce qu’ils ont commencé à découvrir en classe.

De quoi faire travailler la géographie, l’histoire… et les zygomatiques.

Une maîtresse qui ne revient pas par hasard

Marie n’en est pas à sa première sortie scolaire. Cela fait 30 ans qu’elle enseigne. Autant dire qu’elle en a vu passer, des cahiers, des cartables, des cars, des “maîtresse, j’ai perdu ma casquette” et des “on pique-nique quand ?” lancés à 10h08.

Après avoir longtemps enseigné en CM1-CM2, elle travaille aujourd’hui avec des élèves plus jeunes, du CP au CE2, dans le 20e arrondissement de Paris. Depuis trois ans, elle revient avec ses classes à bord des Canards de Paris.

La première rencontre avec notre drôle de bus ne s’est pourtant pas faite au détour d’une réunion pédagogique, mais en famille. “À l’origine, ce sont ma maman et mes neveux qui m’ont fait découvrir Les Canards de Paris”, raconte Marie. Une expérience testée avec ses proches, puis très vite transformée en évidence : ça, c’est une idée de sortie scolaire à Paris que ses élèves vont adorer.

Depuis, Marie est revenue avec des CE1-CE2, puis des CP-CE1, puis des CP. Et elle n’est pas la seule à avoir embarqué. Une collègue l’a accompagnée cette année, une autre est venue sur ses conseils avec sa grande section dans le cadre d’un projet sur le cycle de l’eau, et un ancien collègue propose désormais lui aussi la sortie à sa classe.

“J’y suis revenue parce que ça m’a bien plu !”, résume Marie. Simple, efficace. Et quand une enseignante revient trois années de suite avec ses élèves, on se dit que notre Marcel (c’est le bus, pas le chauffeur) a sans doute coché quelques bonnes cases.

Enfants à bord de Marcel

Avant la sortie : Paris se prépare en classe

Pour Marie, la sortie de fin d’année avec Les Canards de Paris n’arrive pas de nulle part. Elle s’inscrit dans un vrai travail mené en amont avec les élèves.

“Cette sortie est l’aboutissement de notre projet pédagogique”, explique-t-elle. Avec ses élèves, elle a travaillé sur Paris, ses monuments, son histoire, la Seine, les plans de la ville… De quoi rendre la visite particulièrement parlante une fois à bord.

Les Invalides, par exemple, avaient été abordés à travers des photos et des dessins. Résultat, le jour de la sortie, quand le bus est passé devant le monument, les élèves l’ont reconnu immédiatement. Et pas discrètement, semble-t-il. “Quand on est passé devant, ils ont hurlé car ils connaissaient !”, raconte Marie.

Pour d’autres classes, la sortie peut aussi venir clôturer un travail sur le cycle de l’eau. C’est ce qu’a fait une collègue de grande section de Marie, venue elle aussi à bord des Canards de Paris. Après avoir parlé de l’eau, de la Seine, et même visité le musée des Égouts, quoi de mieux qu’un bus qui roule… puis qui flotte ?

Ecole Bretonneau aux Canards de Paris

Pendant la visite : Paris prend vie sous leurs yeux

Une fois à bord, les élèves ne regardent pas Paris comme une simple succession de monuments. Ils reconnaissent, ils relient, ils réagissent. Et parfois, ils chantent. Très fort.

Quand les monuments sortent du cahier

Quand les monuments sortent du cahier

“Ce qui est très intéressant avec cette sortie, c’est aussi de découvrir l’ouest parisien, où l’on va assez peu finalement, alors qu’il y a des monuments très intéressants”, souligne Marie. La tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, les Invalides, la place de l’Étoile… Autant de lieux que les enfants ont vus en photo, sur un plan ou dans un livre, mais qui prennent une tout autre dimension quand ils apparaissent en vrai, par la fenêtre du bus.

Marcel-Invalides

Joe Dassin, La Fontaine et des élèves très fiers

Marie avait anticipé quelques jolis ponts entre la classe et la sortie. Comme elle connaissait déjà le parcours, elle savait que le guide lancerait Les Champs-Élysées de Joe Dassin. Ni une, ni deux : la chanson a été travaillée en amont, dans le cadre de l’écoute musicale de la semaine.

Le jour J, quand les premières notes ont retenti, les élèves étaient prêts. “Ils ont tous chanté avec les autres touristes, qui étaient bouche bée”, raconte Marie. 

Même chose du côté du jardin du Ranelagh, où se trouve la statue de Jean de La Fontaine, avec le corbeau et le renard à ses pieds. Là encore, Marie avait préparé le terrain. Les élèves avaient appris la fable avant la sortie. Au moment de passer devant la statue, ils ont pu réciter Le Corbeau et le Renard dans le bus, “tout fiers”.

Et puis il y a les guides, évidemment. “Les élèves aiment beaucoup les interactions avec le guide”, raconte Marie. Questions, anecdotes insolites sur Paris, “Coin Coin” à répondre, “wahou” à lancer dès qu’un nouveau monument apparaît… Les enfants participent, rient, écoutent, s’étonnent. Les guides ont ce talent précieux : parler aux enfants sans perdre les adultes en route.

Le grand splash gardé secret

Et pendant tout ce temps, Marie garde un petit secret sous le coude : le grand splash. Les enfants savent qu’ils partent découvrir Paris, ses monuments, ses histoires. Mais le plongeon dans la Seine, lui, n’est pas annoncé au programme.

Au début, ils trouvent bien que le bus a “une forme bizarre”. Puis la musique des Caraïbes arrive, l’ambiance monte d’un cran, et Marcel se prépare à faire ce qu’il sait faire de mieux : quitter la route pour rejoindre l’eau. Là, forcément, les cahiers peuvent aller se rhabiller.

Splash dans la Seine

Après la sortie : on remet Paris sur la carte

Une fois les élèves descendus du bus, parfaitement secs mais encore un peu mouillés d’émotion, le travail se clôture doucement en classe.

Marie aime notamment reprendre le plan du parcours, disponible ici sur le site des Canards de Paris. Une façon toute simple de revenir sur ce qui a été vu, de retrouver le trajet du bus et de remettre un peu d’ordre dans cette grande aventure parisienne.

Où est passée la Seine ? De quel côté se trouve la rive droite ? Et la rive gauche ? Par où le bus est-il passé avant de rejoindre l’eau ? Quels monuments les élèves ont-ils reconnus ? Les Invalides étaient-ils avant ou après la tour Eiffel ? Des questions qui permettent de retravailler l’espace, le repérage, les monuments et le vocabulaire de la ville.

La sortie devient aussi un bon support pour raconter. “D’abord, nous sommes montés dans le bus… puis nous avons vu les monuments… ensuite, le bus est entré dans la Seine…” Les connecteurs de temps trouvent soudain une mission beaucoup plus palpitante que dans un exercice au tableau. 

Apres sortie - plan CDP

Bien sûr, il y a le grand splash. Mais ce qui reste aussi, ce sont les rires avec le guide, les “wahou” devant les monuments, les anecdotes racontées à hauteur d’enfant. Et même pour Marie, qui connaît déjà bien le parcours, la visite garde ses surprises : “J’en apprends toujours des nouvelles, même en revenant.”

Les adultes ne sont pas en reste. Cette année, une collègue de Marie découvrait Les Canards de Paris pour la première fois. Verdict ? “Elle m’a dit qu’elle avait passé ses deux heures avec le sourire du début jusqu’à la fin.”

“Il y a un côté jubilatoire, drôle, joyeux, instructif, ludique”, résume Marie. On n’aurait pas dit mieux.